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jeudi 13 novembre 2025

Alpes 2030 : il faut reporter les Jeux en 2034 !

Entre déni démocratique, coûts pharaoniques et bricolages permanents il est temps d’être raisonnables.

 

 

Il est particulièrement intéressant de découvrir à la lecture de l’avis du député Frédéric Maillot lors de la préparation du projet de Loi de finances 2026 dans le cadre de la Commission des Affaires Culturelles et de l’Education de l’Assemblée nationale, que le cabinet de la Ministre des Sports Marie Barsacq a refusé de communiquer aux parlementaires les conclusions d’une « mission d’appui à la consolidation budgétaire des JOP 2030 » demandée par Michel Barnier en décembre 2024 (page 37)[1].

 

Alors qu’en septembre 2025, les députés devaient être amenés à voter sur la loi olympique permettant de préparer les JOP de 2030, on leur a refusé la communication d’éléments budgétaires permettant de comprendre les enjeux financiers liés à l’organisation de ces jeux Olympiques et Paralympiques et ainsi avoir la connaissance des conséquences de leurs votes…

 

Quelles justifications pouvaient être invoquées pour refuser aux élus d’avoir accès à un document produit par l’Inspection Générale des Finances et par l’Inspection Générale de l’Education, du Sport et de la Recherche ? 

Alors même que les députés devaient, dans le cadre du Projet de Loi de Finances, engager des fonds pour permettre la planification de l’organisation de ces JOP entre 2026 et 2030.

 

A part un « Secret Défense de regarder de trop près»… on ne comprend pas vraiment.

 

Mais il est vrai que le cabinet de la ministre a dû être étonné puisqu’en juin les sénateurs ont voté majoritairement cette loi olympique, avec quelques modifications, sans avoir les éléments budgétaires à dispositions… Même si :

 

« Le flou économique de ces JOP 2030 préoccupe donc dans l’hémicycle. Le Sénat a supprimé l’article 5 du projet de loi, qui prévoyait que les régions hôtes apportent une garantie financière en cas de solde déficitaire du Comité d’organisation des JOP. La chambre Haute a jugé l’article « prématuré » en raison de « prévisions de déficit inabouties ». Selon Jean-Michel Arnaud, sénateur Union centriste, « les Jeux olympiques d’hiver ont plus de risques d’être déficitaires que les Jeux olympiques d’été ». »[2]

 

On ne peut que s’étonner que les membres de la Chambre Haute aient d’ailleurs validé une loi sans que les différents documents budgétaires existants n’aient pu être consultés:

è 4 rapports de l’Inspection Générale des Finances et de l’Inspection Générale de l’Éducation, des Sports et de la Recherche évoqués par La Lettre (3 rapports entre juillet 2023 et décembre 2024, avant la demande supplémentaire de Michel Barnier ) 

è Un étude d’impact réalisée par le Cabinet UTOPIES à la demande du CNOSF (Juin 2024).

 

Il est par ailleurs assez surprenant, qu’à la suite de la décision de Michel Barnier, Premier Ministre, de donner la garantie de l’État le 02 octobre 2024[3] pour organiser ces JOP en 2030, celui qui avait porté Albertville 92 en ayant annoncé : « Les Jeux payeront les Jeux », puisse demander une « mission d’appui à la consolidation budgétaire des JOP 2030 » en décembre !!!

Je valide puis je demande des précisions…

 

Reste qu’il est assez curieux qu’un Premier Ministre, membre du CIO, valide une garantie pour le compte de l’Etat… dont va profiter une association helvétique dont il est membre … !!!

 

 

Mais concernant les aspects budgétaires avec des « prévisions de déficit inabouties ». il est également vrai qu’en juin 2025, son successeur à Matignon, François Bayrou annonçait fièrement à Briançon: 

 

« Je signe le chèque mais je ne mets pas encore le montant »[4]

Le Dauphiné Libéré 27 juin 2O25

 

Pourquoi s’en faire… puisqu’on pouvait trouver des économies en supprimant par exemple le « Pass Sport » pour les 6-13 ans dans la partie Sport du PLF 2026.

 

 

Déjà, lors de la candidature surprise en 2023, les aspects budgétaires étaient surprenants :

 

« Le budget est estimé, pour l'instant, à 1,5 milliard d'euros. S'il ne veut pas s'engager sur d'éventuels dépassements – « c'est trop tôt » –, Wauquiez assure que « l'objectif sera d'être au plus proche de l'équilibre, car il y aura des recettes en face » ».[5]

Le Point 20 décembre 2023

 

 

Étonnamment La Lettre fait état dès 2024 (dans un document non rendu public…) d’un déficit supporté par les finances publiques entre 800 et 900 millions d’euros…[6]

 

Puis les dérapages évoqués dans les rapports de l’IGF, se concrétisent avec les réajustements budgétaires de septembre 2025 :

 

JO 2030 : un budget réévalué à 2,1 milliards d’euros, légèrement supérieur au plafond imposé par l’Etat[7]

Le Monde 20 octobre 2025

 

Sans compter le budget de la Solidéo qui passe d’1 milliard à 1,3 milliard et que l’on oublie régulièrement d’évoquer. Et pour cause, le coût des Jeux est déjà estimé à 3,4 milliards…

 

Mais tout n’est pas encore terminé puisque le calendrier serré imposé par le CIO à des élus trop pressés[8] fait dérailler certaines parties des projets d’infrastructures. Il est ainsi non surprenant de lire :

 

« D’un point de vue financier, les motifs d’inquiétude sont nombreux et

 tiennent, d’une part, au caractère discutable de certains choix et, d’autre part, aux incertitudes sur le coût des JOP pour la puissance publique.

 

a.     Le caractère discutable de certains choix

 

Plusieurs choix opérés en vue de l’organisation des JOP 2030 posent problème et sont susceptibles d’induire d’importants surcoûts.

 

La première interrogation porte sur l’organisation de ces Jeux dès 2030.

 

Initialement, la région Paca soutenait une candidature pour les JOP de 2034 ou de

2038 avant de se rallier à une candidature dès 2030 présentée conjointement avec

la région Aura. L’organisation de ces épreuves dès 2030 laisse cependant peu de temps

pour s’y préparer. Les délais d’exécution des travaux seront très contraints ce qui

pèsera sur leur coût. Vite fait, bien fait, pas cher, cela n’existe pas.»

 

« La seconde interrogation concerne le choix de certains sites qui a manifestement davantage obéi à des préoccupations politiques qu’à un souci de bonne gestion des deniers publics. L’organisation des épreuves de sport de glace à Nice soulève ainsi de nombreuses objections (1). Deux équipements cristallisent les critiques : la construction d’une patinoire olympique pérenne et

l’aménagement temporaire d’une double enceinte de hockey sur glace au sein du stade de football de l’Allianz Riviera à Nice. Le coût prévisionnel de ces deux équipements est supérieur à 215 millions d’euros TTC (217,2 millions d’euros) et se décompose ainsi :

– 138 millions d’euros TTC pour la conception-réalisation de la patinoire (2) ;

– 79,2 millions d’euros TTC pour la transformation temporaire de l’Allianz Riviera en une double enceinte provisoire de hockey sur glace (3).

Le choix de ces deux sites ne peut que susciter l’étonnement.

 

La nouvelle patinoire olympique pérenne remplacerait l’actuelle patinoire de Nice, aujourd’hui vétuste (4), alors même que deux autres patinoires olympiques existantes auraient pu être utilisées : celle du palais omnisports de Marseille Grand-Est (inaugurée en 2009) et celle de Pralognan-la-Vanoise (qui a accueilli les Jeux en 1992). Dans les deux cas, et en dépit du coût de l’hébergement des athlètes sur un nouveau site, il aurait été moins onéreux d’adapter ces équipements que de financer la construction d’une patinoire olympique neuve à Nice. À ce titre, il est plus que regrettable que la Solideo n’ait pas été invitée à étudier ces solutions alternatives.

 

Le choix d’organiser les épreuves de hockey sur glace au sein du stade de football de l’Allianz Riviera de Nice suscite des réserves encore plus importantes au vu de l’ampleur des travaux à exécuter (il faudra par exemple couvrir le stade d’un toit provisoire), de la nécessité d’indemniser le concessionnaire du stade (qui sera privé de l’exploitation du site pendant quatre mois) et de l’obligation de faire jouer le club résident (l’OGC Nice) hors de son enceinte habituelle pendant plus d’un trimestre. On ignore par ailleurs si le coût projeté inclut le remplacement probable de la pelouse du stade à l’issue des Jeux.

Le choix effectué étonne d’autant plus au vu des alternatives existantes. La LDLC Arena, située près de Lyon, et l’Accor Arena de Paris accueilleront ainsi en 2028 les championnats du monde masculins de hockey sur glace. Dans ce contexte, pourquoi transformer, pour un montant élevé, un stade de football dénué de toit en une double enceinte provisoire de hockey sur glace alors que deux palais omnisports couverts existent et ont été sélectionnés pour accueillir une épreuve internationale de hockey-sur-glace deux ans avant les JOP ? Là encore, il est plus que regrettable que la Solideo n’ait pas été invitée à étudier des solutions alternatives alors même que le récent rapport précité de l’IGÉSR et de l’IGF a confirmé leur intérêt. »[9]

 

Le projet de patinoires de Nice est révélateur des dérives de l’urgence de traitement de ce dossier.

Annoncé pour 20 millions d’euros[10] et ne devant « rien couter aux niçois », nous voilà, pour le moment à une estimation de 130 millions pour la nouvelle patinoire… Bien au-delà de l’estimation de 53 millions du CIO dans son rapport de la commission futur hôte de 2024… 





ALPES FRANÇAISES 2030 : RAPPORT DE LA COMMISSION DE FUTUR HÔTE POUR LES JEUX OLYMPIQUES D'HIVER À L'INTENTION DE LA COMMISSION EXÉCUTIVE DU CIO, 12 JUIN 2024 / COMITÉ INTERNATIONAL OLYMPIQUE

 

Et la presse commence à se faire l’écho de cette situation anachronique en pleine discussion budgétaire 2026

 

« Plus de 200 M€ cela n'a aucun sens, c'est une folie budgétaire » : le choix de Nice pour les JO 2030 vivement pointé du doigt

L’Equipe par Rachel Pretti publié le 4 novembre 2025

 

"C'est idiot" : à Nice, le coût faramineux de la patinoire olympique divise

TF1 Info par Thibault JEANNIN publié le 10 novembre 2025

Futur pôle glace pour les Alpes 2030 : « Un caprice de riche qu’on ne peut pas se permettre 

Le Dauphiné Libéré par Robin Charbonnier publié le 11 novembre 2025

 

«Caprice de riche» : à Nice, les 200 millions d’euros pour les patinoires en vue des JO d’hiver 2030 interrogent

Le Figaro Nice par Lucas Hélin publié le 13 novembre 2025

 

 

Tous ces différents éléments, mais également les choix immobiliers hasardeux et dispendieux aux coûts non encore complètement estimés autour du site de Briançon avec la transformation du « Fort des Têtes », site classé au Patrimoine de l’UNESCO, mais aussi dans les Aravis ou des projets « ascenseurs » non finalisés en Tarentaise aux conséquences budgétaires post JOP très aléatoires, font de ce projet de Jeux Olympiques un dossier à rebondissements … qui pourrait nous rappeler le bilan des Jeux d'Albertville 1992, avec ses augmentations d'impôts locaux post JO durant 18 ans.

 


Et puis il y a la saisine du Comité Aarhus… une première historique. 

Avec une étape importante le 18 novembre 2025.

 

JO d’hiver 2030 : un organe de contrôle onusien va étudier d’éventuels manquements à la « démocratie environnementale »

Le Monde par Maryline Baumard publié le 22 octobre 2025

 

 

Pour ces « quelques » raisons, mais également pour les atermoiements concernant la désignation des sites paralympiques, la non prise en compte des coûts liés à la mobilisation des services de l’État dans la phase de préparation comme au moment des Jeux et bien d'autres…, la raison voudrait que les organisateurs mais également l’État demande au CIO de reporter ces Jeux Olympiques à 2034 ou 2038.  Comme cela était envisagé dans la candidature initiale.

 

Le CIO devrait pouvoir comprendre (d’autant que c’est un nouvel exécutif qui n’est pas responsable des décisions antérieures) que la difficulté dans laquelle il a laissé se placer la candidature française ne sera pas bonne pour son image alors même que les JOP de Milan-Cortina risquent de proposer un bilan assez délicat à assumer.

 

Dans un contexte budgétaire que tous les français subissent tous les jours, avec des effets d’annonces d’économies difficiles à faire accepter, proposer une augmentation des coûts de Jeux Olympiques et Paralympiques qui foncent vers un déficit abyssal est irresponsable. 

En se donnant au moins 4 ans de travaux et de réflexions supplémentaires on sortirait par le haut pour préparer efficacement la transition des territoires de montagne avec un projet réellement plus sobre et plus respectueux tel qu’annoncé en 2023 mais irréaliste aux vues des contraintes actuelles.

 

Pour bien réussir des Jeux, une bonne préparation mentale ne suffit pas, il faut aussi de bonnes conditions générales de préparations. Plutôt que se jeter dans les épreuves et finir en vrac, autant prendre le temps de se préparer correctement.

C’est pour cela que les athlètes programment leurs préparations en fonction des épreuves en lien avec leur état de performance.

 

Salt Lake City peut aisément accueillir les JOP 2034.

 

Au CIO d’être en phase avec son temps en s’adaptant à la situation, et aux français de reconnaitre qu’à trop vouloir bénéficier de l’aubaine olympique, les risques encourus sont trop grands s’ils veulent faire des jeux qui marqueront l’histoire olympique comme l’ont été ceux de Paris.

 

Repousser les Jeux à 2034 est aujourd’hui une nécessité. Et cela ne nous coûtera rien. Mais cela donnera de la sérénité et de l'efficacité.

Cela demande d’avoir la lucidité de montrer que l’intérêt général est porté par des choix réalistes et raisonnables. 

Lorsqu’on demande des efforts aux français en cherchant des économies partout, dans le système de santé, dans l’éducation, …, comment justifier le maintien à tout prix d’un évènement que l’on peut encore décaler ?

Ce n’est pas une question de fierté mal placée, mais un principe de réalité… et de courage.

 

Publié le 13 novembre 2025


Liens de documents annexes

"C'est pas pire…" publié le 03 octobre 2025



[3] JO d'hiver 2030 : Michel Barnier a bien signé la garantie financière de l’Etat

https://c.ledauphine.com/skichrono/2024/10/02/jo-2030-michel-barnier-a-signe-la-garantie-financiere-de-l-etat

 

[4] Bayrou sur les JO 2030 : « Je signe le chèque mais je ne mets pas encore le montant » Le Dauphiné Libéré 27 juin 2O25

https://c.ledauphine.com/jeux-olympiques/2025/06/27/jo-2030-de-l-argent-et-des-engagements

[6] JO d’hiver 2030 : un gouffre financier en pleine austérité

https://reporterre.net/JO-d-hiver-2030-un-gouffre-financier-en-pleine-austerite

[7] JO 2030 : un budget réévalué à 2,1 milliards d’euros, légèrement supérieur au plafond imposé par l’Etat

https://www.lemonde.fr/sport/article/2025/10/20/jo-2030-un-budget-reevalue-a-2-1-milliards-d-euros-legerement-superieur-au-plafond-impose-par-l-etat_6648206_3242.html

[8] JOP HIVER 2030, 2034, 2038 : La pire décision possible pour la France et pour le CIO c’était 2030 !

https://ericadamkiewicz.blogspot.com/2024/01/jop-hiver-2030-2034-2038-la-pire.html

[9] AVIS PRÉSENTÉ AU NOM DE LA COMMISSION DES AFFAIRES CULTURELLES ET DE L’ÉDUCATION SUR LE PROJET DE LOI de finances pour 2026, TOME IX, SPORT, JEUNESSE ET VIE ASSOCIATIVE SPORT, PAR M. FRÉDÉRIC MAILLOT, Député.

https://drive.google.com/file/d/1AK6ltRp1_w7CEu7_YvRiyVxkCPiAV3xZ/view?usp=sharing

[10] JO d’hiver de 2030 : Christian Estrosi envisage une nouvelle patinoire à Nice

https://www.lefigaro.fr/nice/jo-d-hiver-de-2030-christian-estrosi-envisage-une-nouvelle-patinoire-a-nice-20231109

 

vendredi 3 octobre 2025

"C'est pas pire…"

Tel pourrait être le sous-titre de l'article publié dans Atlantico« La France a-t-elle vraiment les moyens d’organiser les JO d’hiver 2030 ? »[1].




Lorsque Sylvain Bersinger et Charles Reviens échangent benoitement dans Atlantico sur les conséquences financières des Jeux Olympiques, on pourrait presque croire que parce que ces Jeux Olympiques seront moins dispendieux que Sotchi ou PyeongChang ce ne sera pas si grave…


Encore un article "Pro Bono" ?


Comme la note de 4 pages du Cabinet Astères sur "Jeux Olympiques d'hiver 2030 une édition peu coûteuse " publiée le 18 septembre 2024 … dont les résultats avaient été annoncés triomphalement par la Région AURA… le 17 septembre 2024 ?[2]

 













Les plus fins observateurs auront remarqué que la date de publication a disparu sur le site

 

 

On est passé de « peu coûteuse » à peut être 9 milliards…


"Quand bien même les JO d’hiver coûteraient trois fois plus chers qu’annoncé – ce chiffre étant, je l’ai déjà dit, relativement discutable –, on arriverait à 9 milliards au total."


A force d'évoquer les 44 milliards d'économies qu'il faudrait faire pour le budget de la nation… 9, 12, 25… quelle différence pour ceux qui ne comptent que ce qui les arrangent ou qui œuvrent comme lobbyistes ?


Mais nous ne sommes plus à un déni près, après le déni démocratique (pas de consultation des populations contrairement aux demandes du CIO qui demande le soutien des populations…)[3] et le déni juridique (non-respect du code de l’environnement et de la Convention Aarhus)[4], le déni comptable (un budget annoncé à 1,5 milliards qui est déjà à plus de 3)[5] : le combo presque parfait !

 

« Le projet 2030, dont le budget est estimé à 1,5 milliard d’euros – « pas au-delà de celui de Milan-Cortina en 2026 », promet David Lappartient –, ne prévoit la construction que d’une seule installation, une patinoire à Nice, où se disputeraient les épreuves sur glace (hockey, curling, patinage artistique…). » Le Monde 07 novembre 2023

 

« Quel montant de budget prévoyez-vous ? »

« On est en train de le construire, mais l'idée c'est d'être dans la même trajectoire que celui de Milan, qui doit être à 1,7 milliard. » Le Figaro 30 novembre 2023

 

 


Terminés les raisonnements ou les résonances. Finalement ce seront les Jeux Olympiques des "résonnements" entre échos d'arguments hasardeux et reprises d'éléments instables (comme les éléments budgétaires)[6], nous observons désormais, qu'après les licornes et les dahus, une partie des acteurs de la montagne s'arc-boute dans la construction de légendes.

 

Malgré l'opacité et la non diffusion des notes d'alertes et des rapports de l'Inspection Générale des Finances depuis juillet 2023 (4 documents existeraient) pas plus que l'étude d'impact commandé par le CNOSF et que le cabinet Utopies a réalisé en battant le record olympique de la discipline (moins de 2 mois), on constate que la transparence n'est toujours pas une valeur olympique. 


 


 

 

 

Alors que "L'Héritage de Paris 2024" commence à se révéler comme la confirmation d’un leurre au goût amer, comment envisager que celui de cette édition hivernale préparée en catastrophe, dont on ne connaît toujours pas précisément la répartition des épreuves (nous sommes à 4 ans des épreuves tests) et encore moins les coûts finaux, puisse avoir un sort meilleur ?


Dans les légendes aussi on trouve des sorts maléfiques qui endorment les populations des territoires.

Mais le réveil est souvent douloureux et les courbatures financières viennent nous rappeler que même si la fête était belle, les lendemains ne chantent pas toujours des mélodies du bonheur. Et que chaque fête a un coût. 

Mais c’est plus simple quand la facture est payée par les autres, ou masquée dans un ensemble un peu obscur.

 

 

La comédie musicale olympique nous joue un retour digne de Starmania. 
Mais s’il n’y a pas de blues des business men et business women comme de certains élus qui arrivent dans les territoires pour déverser l’argent public sans limite …

 

« Bayrou sur les JO 2030 : 

« Je signe le chèque mais je ne mets pas encore le montant »

Le Dauphine Libéré 27 juin 2025[7]

 

et qui fanfaronnent sur le financement privé (non confirmé) qui équilibrera les comptes… on commence déjà à revoir certaines parties des projets (comme le surprenant projet Loop de Briançon)[8]  pour tenter de trouver des économies à faire. 
 
Bien que depuis l’annonce de l’obtention de ces jeux, la pertinence de ce projet olympique n’ait jamais été questionnée puisque la garantie de l’Etat a même été donnée alors que les services de l’Etat, et en particulier l’Inspection Générale des Finances, avaient déjà alerté sur les approximations budgétaires et les risques de déficit important.

 

Aujourd’hui, alors que les députés doivent voter dans les jours qui viennent la loi olympique pour les JOP 2030 et que les sénateurs ont voté à l'aveugle en juin 2024 sans avoir ni les éléments budgétaires actualisés, ni les documents réalisés par les services de l'Etat;  il est encore temps de suspendre cette édition et de demander au CIO, qui a imposé la date de 2030 à des irresponsables français (qui ont accepté de construire en catastrophe un évènement mondial par bravache et ambitions personnelles) de revenir sur sa décision et de demander à Salt Lake qui eux sont près, de réaliser cette édition.


Il sera alors temps de construire sérieusement et sereinement, ou pas, un événement véritablement tourné vers une aide à la transition des territoires. Et la fête pourra alors être belle pour tout le monde. 


Y compris les athlètes paralympiques qui ont dû se frotter les yeux en découvrant la rédaction surréaliste concernant leur accueil sur les sites dans le rapport de la commission futur hôte du CIO page 49.




 

Parfois renoncer et reporter un projet, c’est prouver que l’on est responsable et soucieux du bien commun et de l’intérêt général. Cela se passe très régulièrement dans toutes les collectivités territoriales.

 

Surtout lorsqu’on fustige l’assistanat et que l’on réclame, principalement pour les autres, la réalisation d’économies, s’appliquer à soi-même ses propres principes permettraient, au-delà de l’affirmation d’une certaine cohérence, d’être crédible.

 

Il est plus facile de jouer au Père Noël en faisait régler la facture totale des cadeaux à d’autres. 
Si certains de ces cadeaux sont empoisonnés (comme l’ascenseur de Bozel au coût de fonctionnement évolutif)[9], d’autres feront très plaisirs en prévision des prochaines échéances électorales[10].
 

Publié le 03 octobre 2025









Compléments du 16 octobre 2025


JO d'hiver 2030 : 3,8 milliards d'euros d'appels d'offres dans le portillon de départ


Alors que le budget des JOP communiqué est déjà passé de 1,5 à 3 milliards … comment justifier que 4,8 milliards d’appels d’offres puissent être annoncés alors que la loi olympique n’est toujours pas votée et que les éléments budgétaires ne sont toujours pas stabilisés ?




De 4,8 à 3,8 milliards …sommes-nous à 1 milliard près ?



« Pour le bâti, la Solideo (Société de livraison des ouvrages olympiques) entend livrer « l'ensemble des projets à l'été 2029 », prévoit Damien Robert, son directeur général, qui avance le chiffre de 1,3 milliard d'euros d'investissements. » On est plus à « seulement » à 1 milliard ?


Investissements ou infrastructures ? 


Une patinoire à Nice annoncée comme déficitaire par la commission futur hôte du CIO peut-elle est considérée comme un « investissement » ou un équipement source de déficit chronique programmé ?


Le dérapage budgétaire continue… dans l’indifférence générale.

Aucun rabot dans le PLF 2026 pour le projet de Jeux Olympiques et Paralympiques qui semblent exemptés d’efforts budgétaires.

Comme quoi certains projets demeurent prioritaires malgré leurs coûts.



 


JO d'hiver Alpes 2030 : pourquoi le budget pour l'organisation est finalement réévalué

« le ministère des Sports a répondu qu’il ne pouvait pas le transmettre, ce document « n’étant pas public ».

Une transparence olympique d’un autre temps.

Mais Marina Ferrari, Roland Lescure pourquoi les élus de la République n’ont-ils pas droit aux éléments budgétaires pour prendre la mesure d’un projet qui va engager les finances de l’Etat et des collectivités pour plusieurs années ?

Surtout lorsqu’annoncé initialement à 1,5 milliards ce projet de JOP dérape doucement … en se rapprochant des 3,5 milliards puisque le budget de la Solidéo doit aussi être réévalué.
Pas plus qu’ils ne peuvent bénéficier de l’étude d’impact réalisée à la demande du CNOSF …
Ils ont vraiment tous les arguments pour prendre des décisions judicieuses.

Décidément un projet réalisé dans un timing trop tendu devrait réussir à approcher les 4 milliards au final vu les réajustements réguliers opérés depuis juillet 2023.

Augmenter le budget des JOP alors que le budget des Sport diminue encore … un choix.

Finalement, ils avaient peut être raison dans Altantico, on risque d’y arriver aux 9 milliards de coûts pour ces JOP 2030 si ça continue à ce rythme.

Et durant les quatre ans qui restent, avec leurs nombreuses échéances électorales, il va falloir préparer la communication de crise pour être en mesure de tenter d’expliquer pourquoi toutes les promesses n’auront pas pû être tenues… et comment les différents budgets auront dérapé en période d’économies généralisées.

Les promesses de Jeux sobres et durables s’éloignent… pour ceux qui y croient encore.

Ce n’est pas encore complètement pire, mais on se rapproche de plus en plus d’un grand dérapage incontrôlé.

Le dérapage olympique, sera peut être la discipline additionnelle dont on se serait bien passé.




Compléments du 17 octobre 2025


A quel moment les journalistes sont-ils formés à l’analyse de sondages afin de pouvoir faire leur métier ?
Les écoles de journalisme n’ont pas d’enseignements permettant de questionner des méthodologies de sondages ou sont-ils formés uniquement à reprendre des données qu’ils considèrent forcément comme des vérités ?

A ce rythme là, l’IA finira par remplacer les soutiers du rédactionnel.

Depuis plusieurs mois, des sondages proposent des résultats présentant des différences notables sur un même sujet les JOP 2030.

Les résultats de ces sondages (dont généralement les questions ne sont pas communiquées) sont principalement issus d’enquêtes réalisées par internet, sur une ou plusieurs journées mais utilisant des panels de répondants qui se sont inscrits eux-mêmes sur les plateformes pour répondre à des enquêtes contre des points, chèques-cadeaux ou avantages divers…
Ce qui est un « léger » biais méthodologique…

A quel moment les journalistes qui relayent ces sondages s’interrogent-ils sur les différences de résultats de ces différents éléments de communication diffusés depuis des mois ?
A quel moment le commanditaire du sondage est-il identifié et questionné sur ses intentions ?

Mais surtout comment font-ils pour concevoir que des répondants puissent avoir un avis construit et argumenté sur le sujet des JOP 2030 puisqu’aucun document budgétaire n’a été communiqué officiellement et que même la liste définitive des sites et de l’organisation de ces Jeux Olympiques ne sont toujours pas connus ?

Sacré nouveau biais méthodologique, je donne un avis sur un dossier dont même les élus de certains sites évoqués pour être site olympique sont incapables de donner des précisions … et pas que pour les Jeux Paralympiques.

Les sénateurs ont voté la Loi Olympique sans avoir d’information sur les coûts de cet évènement tout en relevant « qu’ils manquaient d’informations précises » !!!
Les députés vont devoir voter à leur tour, une loi sans connaitre les conséquences de leur choix alors que le pays est suspendu à la construction d’un budget demandant des efforts à tous les français …

Sommes-nous revenus dans une période de croyances où les faits tangibles ne seraient plus nécessaires ?

Mais qui s’intéresse aujourd’hui aux éléments constitutifs de l’information ?
Peu importe le sens tant que l’on peut afficher des chiffres que l’on ne cherche pas à comprendre.

Le Siècle des Lumières est bien loin, la communication a remplacé la connaissance, l’esprit critique semble avoir disparu des rédactions.

Avons-nous des journalistes, des agents de propagandes ou des attaché(e)s de presse ?

Ils sont de moins en moins nombreux à tenter de nous expliquer que la Terre n’est pas plate.
Merci à ceux qui persistent malgré tout.



Pour les lecteurs du Figaro c'était un autre type de réponse en 2023…












"le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) et le Comité paralympique et sportif français (CPSF) saluent l’amélioration de la copie proposée par le ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative dans le PLF 2026 qui limite cette baisse à 4,6 %."


Notamment:


"- La création du programme 385 « Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver 2030 », qui
ouvre 54,8 M€ de crédits de paiements permettant au projet de se déployer pleinement dès les prochaines semaines."

Mais il n'y a toujours aucune publication depuis juin 2024 de l'étude d'impact des JOP 2030 réalisée par le cabinet UTOPIES.
Transparence, démocratie, information, valeurs olympiques partagées…



Les responsables du grand dérapage olympique 2030 pourraient avoir des comptes à rendre et il ne suffira pas de raconter que la Cour des Comptes prend dans ses estimations et calculs des éléments qui ne devraient pas y être.



[3] « et à quel point la population locale se réjouit à l’idée de se préparer à accueillir à nouveau ces Jeux ». Rapport de la commission futur hôte. CIO 2024 page 3 

https://library.olympics.com/Default/doc/SYRACUSE/3415447/alpes-francaises-2030-rapport-de-la-commission-de-futur-hote-pour-les-jeux-olympiques-d-hiver-a-l-in?_lg=fr-FR