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dimanche 20 août 2023

Candidature JO d’hiver 2030 : Leurre olympique ?

 Candidature JO d’hiver 2030 : Leurre olympique ?

 

Qu’est-ce qui pousse les deux présidents de Région à annoncer leur intention de candidater alors que le choix pour les jeux de 2030 doit être annoncé dès l’année prochaine lors des JO de Paris 2024 ? 

 

Cela devra imposer une session extraordinaire du CIO puisque la France en étant candidate va chambouler le calendrier du CIO[1] qui s’impose un lieu neutre pour ce type d’annonce.

 

Mais alors que la candidature initiale de la Région Sud portait sur l’organisation des JO de 2034 ou de 2038, pourquoi vouloir perdre 4 ans en se précipitant pour une candidature qui ne pourra pas se préparer sereinement en 6 ans alors qu’elle aurait pu se projeter et se préparer sérieusement pendant 10 ou 14 ans ? Pourquoi une telle précipitation, quels enjeux sont cachés derrière cette annonce aussi soudaine que curieuse ?

 

Techniquement, il reste moins de 4 mois pour déposer un dossier crédible.  

A ce jour il n’existe pas de comité de candidature connu qui a travaillé sur un dossier commun entre les deux Régions SUD et AURA. La Région AURA ayant même arrêté de communiquer sur sa précédente « potentielle » candidature également prévue pour 2034 ou 2038 depuis plus d’un an.

 

Comment envisager sérieusement qu’il soit possible de décider en 4 mois : de la répartition des épreuves sur les différents sites (à part pour le bobsleigh qui sera forcément sur la piste de La Plagne et non en Italie comme dans le projet initial de la Région Sud qui se faisait avec des stations italiennes), des conditions d’accueil et de la répartition des délégations, de mettre en évidence les atouts des deux Régions, de prévoir les modifications des accès dans « l’esprit de Lillehammer » (esprit de 1994 es-tu là ? mais lequel ?) vu l’état des réseaux routiers et surtout ferroviaires, d’avoir l’assurance de leurs financements et d’avoir le temps de réaliser tous les travaux nécessaires … 

et d’assumer de gérer les frustrations des territoires non retenus pour accueillir des épreuves dans un dossier bâclé surtout s’il s’agit simplement d’un tour de chauffe pour préparer une candidature postérieure plus sérieuse ? 

 

Il est particulièrement curieux que cette frénésie intervienne juste après l’arrivée du nouveau Président du CNOSF David Lappartient[2] au profil très … international… mais dont l’officialisation à la tête du CNOSF n’aura lieu qu’après l’Assemblée Générale du 13 septembre 2023 et avant que les décisions d’attributions des prochains JO soient annoncées précédant l’élection d’un nouveau Président au CIO, en 2025. 

Si le nouveau Président était français, y aurait-il des difficultés pour les candidatures hexagonales ? 

Vu la baisse du nombre de candidats pour l’organisation des Jeux, c’est peu probable d’autant que l’alternance continentale qui existe encore lors de l’attribution des JO tente de rester en vigueur. Force est de constater néanmoins que les postulants à l’organisation sont de moins en moins nombreux.

Mais il y a aussi des signaux politiques à lancer. Même si le billard à 3 bandes reste une spécialité française sans être une discipline olympique.

 

Alors même que Salt Lake City envisage de postuler plutôt pour 2034 et que la candidature de Sapporo est engluée dans les suites des scandales de corruption des JO de Tokyo, faut-il que la France postule absolument pour faire croire à une concurrence avec Stockholm qui a un dossier déjà très construit[3] et depuis longtemps ? La nouvelle candidature surprise suisse apparait aussi comme décalée et stupéfiante au regard des débats qui ont lieu dans les cantons de la Confédération après les anciens échecs. 

Y aurait-il une demande de multiplication de candidatures de la part du CIO ? Il est étonnant en la circonstance que ce soit particulièrement la France et la Suisse qui sortent du bois à 4 mois de l’échéance ?

 

Cependant l’adhésion populaire, qui semble s’être reconstruite en Suède, n’est pas sans laisser présumer d’un risque si un référendum venait à être proposé aux suédois. Dans une telle perspective, une victoire française pourrait subvenir par défaut si le référendum était négatif. 

 

La France serait alors dans une situation très délicate avec un projet imprécis aussi bien pour son organisation que pour les coûts de réalisation nécessairement plus élevés lorsque l’on avance à marche forcée pour être dans les temps. On en mesure un peu les conséquences actuellement à Paris à un an des JO. Mais également parce que la décision d’attribuer les Jeux serait actée alors que les coûts définitifs des JO de Paris 2024 ne seraient pas encore connus.  

 

Ce qui poserait inévitablement la question d’un retrait possible de la candidature française pour les jeux d’hiver si des surcoûts importants apparaissaient et faisaient naitre des oppositions éloignant l’adhésion populaire à laquelle les membres du CIO sont de plus en plus attachés pour assurer la bonne tenue des Jeux.

 

De même, alors qu’une telle candidature est présentée comme une aubaine en termes de communication, comment envisager de sacrifier une partie de la saison hivernale 2030 et même des précédentes pour des territoires devenus très sensibles économiquement dans un contexte de pénurie de neige et de tourisme hivernal qui stagne en nombre de clients ? Alors même que les Championnats du Monde de ski de Courchevel et Méribel 2023 viennent de montrer certaines limites économiques de ce type d’évènement ?

 

Si les deux présidents de régions sont des partisans très engagés dans le renforcement de la neige culture, tout en communiquant régulièrement sur le fait que pour les 50 ans à venir, le ski restera le moteur de leurs territoires respectifs et qu’il n’y a pas de risque à court terme ; 

pourront-ils se permettre le risque, en plus du doute sur la présence de la neige au moment des épreuves que personne ne maîtrise, de donner la même image que les Jeux d’hiver de Pékin 2022 ? 

Mais surtout peuvent-ils avoir l’assurance que les accès aux territoires concernés seront réalisés à temps et à quels coûts ? Et avec quelles conséquences sur la fiscalité locale ? L’exemple savoyard semble avoir été complètement oublié… mais c’était avant Lillehammer[4].


Et sont-ils prêts à assumer 6 ans de travaux hypothéquant les saisons à venir entre 2025 et 2030 pour un résultat très aléatoire économiquement et politiquement ? 

 

L’espoir de financements étatique et européen[5] ne simplifiera en rien les phases de travaux nécessaires et reste dans une logique du siècle dernier où les Grands Évènements Sportifs Internationaux étaient des prétextes à l’aménagement du territoire[6] alors que les études scientifiques démontrent depuis plus de 40 ans qu’ils sont économiquement beaucoup moins rentables que ne veulent le faire croire les organisateurs[7].

 

En l’état, nul ne peut se faire véritablement une opinion puisque le dossier de candidature est encore en phase d’élaboration !  On peut même s'étonner des nombreux messages favorables au projet alors que le contenu du dossier reste un mystère… Même s’il s’agit d’un ballon sonde pour 2034 ou 2038, était-il nécessaire de se précipiter ? Sans évoquer même la question du sens de ce type d’évènement d’ici quelques années.

Sera-t-il encore acceptable en 2030 d’organiser des évènements sportifs qui mobilisent autant de moyens et de personnes au regard des enjeux environnementaux et des contraintes économiques ?

 

Quoi qu’il en soit, on ne dépose pas une candidature comme on va aux champignons au hasard, sans connaitre les lieux les plus productifs en espérant trouver de quoi faire un bon repas. 

Sauf si l’objet n’est pas de faire une cueillette mais de se promener en montagne, dans les salons VIP pour faire un peu de communication, en attendant « l’Or blanc » qui devient de plus en plus rare ou pour répondre à une demande du CIO pour faire preuve de complaisance.

 

L’heure olympique d’hiver n’est peut-être pas pour tout de suite, nous nous contenterons du leurre.



Publiée le 20 août 2023

[6] Jean-Michel DewaillyClaude Sobry  (1993) "Les grands événements sportifs : prétexte à l’aménagement du territoire", Revue Hommes et Terre du Nord ; Lille 1993/2.

[7] Martin Müller, David Gogishvil, Sven Daniel Wolfe  (2022) The structural deficit of the  Olympics and the World Cup: Comparing costs against revenues over time.  Department of Geography and Sustainability, University of Lausanne, Switzerland. Juillet 

 

 

 

 

 

dimanche 7 août 2022

Canicule, Père Noël et Utopies, l’été 2022 de tous les risques.

Publié le 7 août 2022 à 15h10


 Depuis des mois, « on nous répète » que l’été sera celui du retour des touristes français et étrangers et peut être même à la clé, une saison estivale historique… 

…Puisque chaque année devient une année historique pour n’importe quelle raison.

 


La saison estivale s’annonce record (Le Figaro)

https://www.lefigaro.fr/conjoncture/tourisme-la-saison-estivale-s-annonce-record-20220708,

 

Tourisme : « Paris pourrait retrouver d’ici la fin 2022 sa fréquentation touristique de 2019 » (Le JDD)

https://www.lejdd.fr/Economie/tourisme-paris-pourrait-retrouver-dici-la-fin-2022-sa-frequentation-touristique-de-2019-4114243

 

Les vacances d’été, parenthèse entre le Covid-19 et la crise économique (le Monde)

https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/07/02/les-vacances-d-ete-parenthese-entre-le-covid-19-et-la-crise-economique_6133029_3234.html

 

 

« La France était la première destination mondiale touristique avant la pandémie, elle l’est restée» Libération

https://www.liberation.fr/economie/la-france-etait-la-premiere-destination-mondiale-touristique-avant-la-pandemie-elle-lest-restee-20220730_ZD5PBAKU2FHKLDPVNR35KFW2EU/

 

 

Bref « Tout irait très bien Madame la Marquise ».

 

Sauf que nous n’avons toujours pas les éléments de comptage des flux de visiteurs français comme étrangers…

 

 

Les statistiques du tourisme, entre approximations et inventions

https://coachomnium.com/bonus/statistiques-du-tourisme/

 

 


Ou alors depuis les travaux parlementaires de 2018, les outils ont été créés mais pourquoi ne sont-ils pas officiels et consultables ? 


Où est l’observatoire devant produire de l’information fiable demandée par les parlementaires ?


« Le constat, globalement valable, doit toutefois être relativisé par un autre, celui de la fiabilité souvent discutable des données statistiques disponibles. Cette situation apparaît clairement à l’analyse des données produites en France, mais on peut craindre que les observations concernant notre pays puissent être extrapolées à nombre d’autres, notre appareil statistique public ayant la réputation d’être plutôt solide dans les comparaisons internationales »

(Rapport d'information N° 1271 sur la promotion de la destination touristique France page7…)

https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/rapports/cion_afetr/l15b1271_rapport-information

 

 

 

ASSEMBLÉE NATIONALE

CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958 QUINZIÈME LÉGISLA TURE

Enregistré à la Présidence de l’ Assemblée nationale le 24 juillet 2019.

RAPPORT D’INFORMATION

DÉPOSÉ

en application de l’article 145 du Règlement

PAR LA COMMISSION DES AFFAIRES ÉCONOMIQUES (1)

sur le tourisme

ET PRÉSENTÉ PAR
MME MARGUERITE DEPREZ-AUDEBERT ET M. DIDIER MARTIN,

Députés

 

https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/rapports/cion-eco/l15b2190_rapport-information.pdf

 

— 96 —

« V. AMÉLIORER LES CHIFFRES ET LA CONNAISSANCE : UN PRÉALABLE INNDISPENSABLE POUR L’ÉCONOMIE TOURISTIQUE DE DEMAIN

 

A. DES STATISTIQUES INSUFFISANTES

Ce rapport espère l’avoir montré, l’économie touristique est un secteur stratégique pour la France. Or, la politique publique touristique souffre d’une grande faiblesse, soulignée par l’ensemble des personnes auditionnées par la mission : le manque de statistiques solidement établies, rapides, et pertinentes. Or, comme le souligne la Caisse des dépôts et consignations : « Aucune grande industrie digne de ce nom n’existe sans statistique fiable ! ».

 

Les insuffisances actuelles concernant les statistiques en matière de tourisme font l’objet de développements importants dans le rapport de MM. Maurice Leroy et Jean-François Portarrieu sur la promotion de la destination touristique France. Ces derniers soulignent que « les données statistiques diffusées quant au tourisme ne sont pas toujours très pertinentes », en insistant notamment sur l’opération de révision conséquente menée par la Banque de France pour ce qui concerne l’évaluation de la dépense des visiteurs étrangers : « Cette opération de révision est présentée à la Banque de France comme normale (des chantiers de même nature sont régulièrement mis en oeuvre pour les différentes données statistiques) et fiable. Le résultat interroge tout de même. La réévaluation a en effet conduit la Banque de France à relever globalement de 11 milliards d’euros son évaluation de la dépense des visiteurs étrangers pour 2016, ce qui a un impact significatif sur les éléments de comparaison internationale dont nous disposons, pour autant qu’ils aient un sens : la France est ainsi repassée de la 5ème à la 3ème place au niveau mondial pour les dépenses des visiteurs étrangers ». De façon plus générale, les professionnels du tourisme soulignent le manque de données suffisamment précises en matière de tourisme, pour accompagner la structuration de l’offre.

 

La statistique touristique souffre également d’un pilotage insuffisant.

En effet, les acteurs produisant des données sont nombreux, sans qu’un chef de file explicite n’ait été désigné. Ainsi, l’INSEE, la Banque de France, la direction générale des entreprises et Atout France produisent chacun des données sur le tourisme à l’échelle nationale, sans que la coordination de ces travaux ne semble toujours assurée. Les données sont éparses et nombreuses, sans toutefois être toutes accessibles et utiles aux professionnels du tourisme. Des initiatives salutaires ont été prises, comme la mise en place d’une page internet « Veille info tourisme » par la DGE qui regroupe l’ensemble des données officielle publiques à l’échelle internationale et nationale. Vos rapporteurs estiment toutefois qu’un cap supplémentaire doit être franchi, avec la création d’un observatoire dédié. 

 

 

 

-97-

 

B. UN OBSERVATOIRE NATIONAL POUR LE TOURISME

1. Un pilotage unifié

La création d’un observatoire national du tourisme répond d’abord à la nécessité d’améliorer le pilotage de l’appareil statistique et d’étude des phénomènes touristiques. Un effort de coordination est indispensable pour présenter des données cohérentes et claires. L’observatoire unique est l’outil qui semble répondre le mieux à ce besoin de coordination. Il pourrait réunir en son sein l’ensemble des acteurs qui interviennent dans le champ statistique, afin d’être en capacité de fournir des données fiables et selon un calendrier adapté aux besoins des professionnels du secteur. Cet observatoire pourrait être logé par Atout France.

 

2. Améliorer la qualité et la pertinence des statistiques sur le tourisme

L’observatoire a également et surtout vocation à répondre aux besoins d’amélioration de la pertinence des statistiques sur le tourisme. Des nouvelles méthodes pourraient être déployées afin d’obtenir des résultats plus fins pour ce qui concerne les recettes touristiques. La France pourrait s’inspirer de l’Espagne, qui utilise notamment les données bancaires pour améliorer la compréhension des dépenses réalisées par les touristes.

Vos rapporteurs souhaitent insister sur la dimension qualitative de l’observation des phénomènes touristiques : c’est en observant les tendances et les évolutions de la demande, que l’offre peut se structurer de la façon la plus pertinente possible. La statistique du tourisme devra considérablement évoluer pour permettre à la France de prendre, aujourd’hui, les bonnes décisions de positionnement et d’investissement pour capter la croissance et répondre à la demande de demain. Comme l’indique l’Institut Montaigne, dans son rapport de mars 2017, « Au-delà de la compréhension des besoins de chaque segment, il manque toujours à la France une vision prospective de son plan marketing d’ensemble : quels sont les segments prioritaires pour la France ? Quel est leur potentiel actuel en termes de valeur touristique ? Quel est leur potentiel à cinq-dix ans ? Quelle part de marché la France ambitionne-t-elle sur chacun de ces segments ? Autant de questions qui ne sont toujours pas clarifiées au niveau national » (1).

Cet observatoire devra nécessairement intégrer dans son programme une dimension qualitative : la demande évolue à une vitesse qui dépasse celle de l’administration et de la législation. Connaître, étudier et anticiper les tendances de consommation et les aspirations à venir des voyageurs est une nécessité pour déployer une stratégie de moyen et de long terme, finement ciselée. »

 


Et donc ? Où sont les suites ? Pourquoi rester dans le flou ?


Eté 2022, les touristes semblent être partout et les annonces concernant les projections de réservations sont ultra optimistes.

Et les résultats de juillet seraient excellents… 

Bien que les données soient invérifiables, malgré les déclarations péremptoires.


 

Olivia Grégoire: «Grâce au retour en force de la clientèle étrangère, la saison en France sera excellente» (Le Figaro

 

https://www.lefigaro.fr/conjoncture/olivia-gregoire-grace-au-retour-en-force-de-la-clientele-etrangere-la-saison-en-france-sera-excellente-20220803

 


Aucune nouvelle de l’observatoire devant fournir de la donnée qualifiée.

 

 

 

En montagne,

 

Cette saison 48% des lits sont réservés… sans aucune précision sur le périmètre concerné : lits ouverts à la réservation (avec de nombreux établissements ou résidences fermées) ou s’il s’agit d’un pourcentage concernant les 2,4 millions de lits existants en montagne ?


 

https://www-ledauphine-com.cdn.ampproject.org/c/s/www.ledauphine.com/amp/economie/2022/07/07/en-montagne-1-lit-sur-2-est-reserve

 

Communiqué de l’ANMSM

https://www.anmsm.fr/sites/default/files/inline-files/Alerte%20presse%20-%20été%202022.pdf

 



Bilan estival 2021 G2A (https://www.g2a-consulting.com/nos-etudes/le-bilan-de-lete-2021/ )

 





 

 

 

Eté 2020 Bilan 2020 G2A

https://www.g2a-consulting.com/nos-etudes/bilan-saison-ete-2020/




 

 

 

 


 


Pourtant en 2019 les chiffres dépassaient largement les données précédentes ???

2019 (https://www.g2a-consulting.com/wp-content/uploads/2019/10/bilan-h-et-e-19.pdf)



 

 

 

 

 


 

 

Taux de remplissage ou taux d’occupation ?

 

Sachant que les données sont tirées des retours de réservations et du calcul a posteriori des consommations d’eau et du volume des ordures ménagères.

 

Pour l’été 2022, comme souvent, les acteurs de terrain rencontrés début août 2022 se demandaient où étaient les 48% de réservations puisque dans leurs stations, la fréquentation semblait en baisse par rapport à 2021…


Pourtant un été de canicule devrait "faire monter les touristes" (et pas que pour des réservations de dernière minute...).


Cette formule classique entendue en montagne oublie juste un détail: si la fraicheur en montagne est un réel atout en raison de l'altitude, et est considérée comme une évidence… c'est uniquement le cas pour ceux qui connaissent déjà la montagne l'été.


Pour la majorité des personnes, l'été c'est la chaleur. Et éventuellement, la fraicheur est à la campagne… même si la montagne est une campagne avec des altitudes variées.


Et même si certains aujourd'hui semblent regretter les étés pluvieux. 

Force est de constater que certains étés n'ont pas, jusqu'à aujourd'hui, laissés que des bons souvenirs. Dans des territoires désormais organisés principalement pour l'activité hivernale.


Pourtant si les canicules venaient à se reproduire plus régulièrement il y aurait matière à développer une activité économique en montagne sur l'ensemble de l'année (en organisant localement avec les acteurs les conditions d'accueil des visiteurs) pour en faire de véritables destinations "fraicheur et air pur". 


Il faudrait alors revoir les offres et les organisations sur les territoires, ce qui imposerait de repenser le modèle et de réorienter certains investissements ( Les stations de montagne, une nécessaire transformation du modèle économique.).


 

Comme chaque année le débrief de fin de saison permettra d’affiner les impressions et informations partielles glanées en pleine activité.

 

Mais si « Tout va très bien Madame la Marquise », en période de canicule, le risque d’incendie existe aussi dans des territoires boisés de montagne, très secs cette année en raison du manque d’eau. 

 

Et cela serait catastrophique au regard des moyens de secours existants disponibles pour une nation qui se prétend leader mondial en tourisme 

(Pour que le tourisme soit un projet pour tous les territoires, il va falloir booster la copie ! ).


Et alors que le Verdon, le Diois et la montagne au dessus de Voreppe (38) ont commencé à bruler.

 

La question de la ressource en eau agite déjà les discussions au-delà des questions de sécurité actuelle, en prévision de l’hiver prochain, des perturbations pour l’alimentation de certaines villes comme Gap ou Aix en Provence au regard du faible remplissage du Lac de Serre-Ponçon, et la question du remplissage des retenues collinaires pour préparer les pistes des stations, les inquiétudes et interrogations sont de plus en plus nombreuses. 


Sans compter sur les projections budgétaires pessimistes du coût de l’énergie sur l’économie des territoires de montagnes qui, comme le reste de l’économie nationale, risque d’être impactée par des restrictions de fonctionnement si la France venait à devoir se rationner au niveau énergétique.


Quid de l’activité industrielle des loisirs de montagne si des restrictions étaient généralisées sur tout le territoire ?


 

Le Père Noël qui semble avoir déversé des millions de touristes cet été dans tout l’hexagone doit recevoir dans son courrier une liste plus hétéroclite que d’habitude.

 

A moins que cela reste une suite de fables, où utopies et éléments de communication tentent de masquer maladroitement, comme chaque année, l’absence de vision stratégique pour le tourisme national.


Mais cela se remarque de plus en plus.

 


dimanche 19 décembre 2021

Les docteurs Knock et Coué : les pères fondateurs du marketing en stations de montagne.

 Les docteurs Knock et Coué : les pères fondateurs du marketing en stations de montagne.



« Tout bien portant est un malade qui s’ignore ! »

 

(Nota bene : ceci est un clin d’œil à tous les acteurs qui tentent de construire des stratégies viables et pérennes dans un contexte où la vision est souvent limitée au bout des spatules, coincée dans la poulie ou engluée dans le béton… 

liste malheureusement non exhaustive).

 

Publié le 19 décembre 2021 18h10

 



En montagne, depuis les années 60, Le Skieur est l’animal unique, central et ultime…

Mais qui ne se conçoit pour certains qu’en troupeaux.

 

Pas tant sur les pistes, même s’il génère des logiques d’aménagements en termes de gestion de flux, pour « optimiser » le débit des remontées mécaniques, permettre une occupation de l’entièreté du domaine skiable, qui se doit d’être « le plus grand du monde », et remplir les hébergements qui font le bonheur des promoteurs depuis le Plan Neige… ; mais aussi, et surtout, pour montrer que la montagne en hiver est une industrie qui compte. 

 

Pour compter, elle compte.

 

Elle compte les clients, les forfaits, les nuitées, les DSP, les appareils de remontées mécaniques, les kilomètres de pistes, le nombre de pistes, les litres de vin chaud…

 

Elle compte peser sur les décisions locales et gouvernementales pour préserver ses activités et son business. Ce qui est parfaitement logique[1].

 

Pour cela, elle utilise les « canons » de la communication n’hésitant pas à travestir la réalité et faire prendre les vessies pour des lanternes tout en construisant des légendes montagnardes.

 

Les chiffres étant synonymes de vérité absolue on les empile pour en faire la doxa professionnelle attestant de l’intégration au « milieu ». Et même si les données officielles depuis plus de 20 ans annoncent que seulement 9% de la population française part à la montagne l’hiver[2], certains continuent de raconter de belles fables chaque année en s’appuyant sur des études dont les résultats sont interprétés de manières ultra favorables pour ne pas désespérer les acteurs de la montagne[3]… et leurs financeurs.

 

Les études de 2021 ne dérogent pas à la règle, où l’on confond allègrement répondants aux enquêtes et français… mais comme l’étude est réalisée avec la méthode des quotas, c’est donc une vision juste…

Non c’est juste une vision ! 

Erronée et travestie[4].

 

 

17 décembre 2021

Etude Kantar- Travelski

 

« 
🔵⚪ 🔴 Bonne nouvelle : les Français sont déterminés à partir à la montagne cet hiver ! 🔵⚪🔴
 
Découvrez sans plus attendre les résultats de notre étude Kantar, sous forme d’infographie, pour mieux comprendre les intentions des français quant à leurs vacances d’hiver. 
🏔
 
- 41% des français ont l’intention de partir à la montagne cet hiver
- 27% ont l’habitude d’y aller et sont donc des intentionnistes réguliers
- 59% des français plébiscitent la montagne pour profiter de l’air frais
- 54% des intentionnistes ont déjà réservé leur séjour
 
☃️ Ce qu’il faut retenir : 29% des intentionnistes n’ont pas encore réservé leur séjour ! 

📈
 Cela laisse donc présager une belle 2ème partie de saison concernant le business. 📈
 
We are 
Groupe TRAVELFACTORY
We are 
Compagnie des Alpes

 

https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:6877264584818991104/

 

 

 

 

Les « intentionnistes réguliers » … quelle belle création… qui ne veut rien dire.

 

 

« Et ceux qui ont l'impression de faire du marketing, ce sont des impressionnistes ? » 

Jean-François Gauthier, France.

 

 

Mais en 2018, 2019, 2020 déjà, ces études tentaient de démontrer n’importe quoi :

 

 

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/que-recherchent-francais-qui-partent-montagne-cet-hiver-etude-inedite-deconstruit-idees-recues-1544556.html

 


 

https://www.lefigaro.fr/voyages/neige-ski-plus-d-un-tiers-des-francais-souhaitent-partir-a-la-montagne-cet-hiver-20201204

 

 

Mais ils ne sont pas les seuls à utiliser des études pseudo quantitatives (* étude réalisée par l’institut IPSOS auprès d’un panel de 3000 personnes, âgées de 16 à 75 ans, issues d’un échantillon national représentatif de la population résidant en France) pour présenter leur vision même si elle est «légèrement » maquillée.

 





Chambéry (Savoie), le 29 septembre 2021

« Le ski, une activité déjà pratiquée par près de deux tiers des Français 

Près d’1 Français sur 2 (46%) est skieur, et 1 Français sur 5 est un skieur régulier (chaque hiver, une à plusieurs fois). Une large majorité des Français (65%) sait skier ou a essayé le ski à un moment dans sa vie. »

https://www.domaines-skiables.fr/smedia/filer_private/22/ee/22ee8957-3160-4105-be25-5da53dff34fe/ipsos-a-la-veille-de-la-saison-hiver-2122-les-francais-confirment-quils-aiment-le-ski.pdf

 

 

 

En racontant ces fables depuis plusieurs décennies désormais, certains acteurs, en ayant comme principale source d’informations leurs propres données tronquées, ont bâti des raisonnements obsolètes qui se heurtent aux conséquences inattendues de la pandémie[5].

 

Il y a trop de lits et 50% d’entre eux sont froids[6]… on continue de construire.

Les français viennent moins à la montagne l’hiver, on va chercher des volumes à l’étranger. Et certains rêvent encore de cohortes entières de chinois[7]. Le piège à devises restant le fondement économique du modèle depuis le Plan Neige, comme quoi le recyclage est une stratégie durable en montagne.

 

Les clients sont de moins en moins nombreux, on va pousser à la montée en gamme des hébergements pour maintenir les chiffres d’affaires pour une économie qui reste organisée sur 5 mois[8]

 

 

 

Et puis… 17 décembre 2021 limitation de l’accès au territoire français aux voisins britanniques, première clientèle étrangère pour les montagnes françaises

 

https://www.linkedin.com/posts/christophelavaut_valdisere-ski-tourisme-activity-6878269082379067392-72-O

 

 

Il faut des aides… et des changements clients pour dans 15 jours …

 

Jean Baptiste Lemoyne 

Ministre délégué auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargé du tourisme, des Français de l'étranger et de la francophonie, et auprès du ministre de l'économie, des finances et de la relance, chargé des PME

 

« on va réorienter nos campagnes de promotions du marché britannique sur le marché national… le sujet c’est le mois de janvier … que les français fassent le choix de cet hiver Bleu Blanc Rouge »

CNews le 18 décembre 2021

https://www.linkedin.com/posts/christophelavaut_valdisere-ski-tourisme-activity-6878269082379067392-72-O

 

Les clients français vont venir en masse ? En janvier ?


On va aussi changer les dates des vacances scolaires, repousser la rentrée scolaire de janvier  ou proposer un grand confinement dans les stations ? 

On a déjà modifié les dates en raison des Mondiaux de Ski Alpin à Courchevel et Méribel [9].

 

 

 

Encouragés depuis des années à maintenir le cap tel le Titanic par manque de vision[10], et d’absence de remise en cause (Anticiper le changement climatique dans les stations de ski pyrénéennes : la science, le déni, l’autorité)[11]soutenus par certains opérateurs de l’Etat jusque dans leurs erreurs coûtant très cher à la puissance publique[12]ou dans des plans qui ne sont que de la communication reprenant des poncifs obsolètes véritables rustines éculées[13], le tourisme de montagne continue sa route entre gémissements sur la fermeture des remontées mécaniques en 2020/2021 et demandes de soutiens permanents tels des abandonnés de territoires miséreux, mais qui rechignent à reverser le FPIC (Fonds de Péréquation Intercommunal et Communal)[14] (Appel de Moutiers 28 septembre 2017)[15].

 

 

Entre les grands manitous du financement public usant de faux prétextes pour l’intérêt général[16], les enragés du béton qui profitent des errements des premiers, des irréductibles inventeurs des rustines obsolètes du siècle dernier et les impressionnistes du marketing… la montagne française est bien partie pour s’orienter vers une transition qui ne soit ni raisonnée, ni raisonnable[17]

 

 

Mais si Knock et Coué avaient raison… les stations seraient alors prises d’assaut et feraient le plein cet hiver. 

 

Mais alors, où mettrions-nous tous ces skieurs dont le nombre évoqué dépasse largement les capacités d’hébergements actuelles (2,4 millions de lits) ?

 

Vite un nouveau plan d’urgence de constructions pour tous ces nouveaux clients…qui ne viendront pas.

 Publié le 19 décembre 2021








24 février 2022

Et maintenant en pleine saison il y aurait 13% des français qui partiraient à la montagne l'hiver …

France 3 Auvergne Rhône-Alpes Publié le 





22 août 2022

L’IMPORTANCE PERSISTANTE DU SKI ET SES LIMITES

juillet/août 2022 - juristourisme n°254

Laurent Reynaud, Délégué Général Domaines Skiables de France


"Au terme de sa troisième édition, cette étude – devenue un véritable baromètre du ski – montre que 40 % des Français sont skieurs, et que 19 % d’entre eux se considèrent comme des skieurs très réguliers (allant au ski chaque année)."


Il faudra un jour réussir à faire la différence entre "40% des répondants à une enquête" et "40% des français ".

Avec de tels pourcentages annoncés les stations des différents massifs devraient faire le plein presque tout le temps y compris en vacances scolaires. Ce qui est loin d'être le cas malgré la présence également de clientèles étrangères.

La présentation de Willy Fux au dernier Mountain Planet (Avril 2022) était d'ailleurs éclairante au sujet de l'appréciation des données chiffrées …




30 septembre 2022







Comment peut-on avoir 74% des français qui fréquentent un massif en hiver ? 

Il y aurait plus de fréquentation des massifs l'hiver que de partants en vacances… 
Ca fait beaucoup d'excursionnistes !

Montmartre, le Mont Cassel ou Roc'h Ruz sont-ils concernés par cette fréquentation ou est-ce en plus ?

Dans les intentions de départ 2022, tous les indécis sont donc venus … en ayant amené une partie de ceux qui ne voulaient pas venir (Baromètre des
intentions de départs Hiver 2022 du 01 au 10 septembre 2021)
C'est une bonne chose, une grande réussite… un miracle ?

Avec de tels résultats comment n'avons-nous pu avoir que 69% de remplissage lors de cette dernière "saison d'anthologie" de 2022 ? 
Et pourquoi toujours aucune station n'arrive à afficher complet une seule semaine ?




11 février 2024




Sandra Hoibian



19 janvier 2026

Tour Mag

De 26 à 13%
Où sont passés 13% des français qui skiaient chaque année… d'après le baromètre IPSOS 2022 ?





[1] Touche pas au Grisbi, éditions inverse par Guillaume Desmurs octobre 2021

[2] - Les sports d’hiver : pratiques et pratiquants Ministère Jeunesse Sport et Vie Associative Bulletin statistiques et études N° 06-06 Aout 2006 https://www.sports.gouv.fr/IMG/archives/pdf/STT-Info_n_06-06.pdf

Un désir de renouveau des vacances d'hiver, CREDOC 2010

Sports d’hiver, sports de riches ? Moins d’un Français sur dix part en vacances au ski, Le Monde par Anne-Aël Durand publié le 23 février 2018

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/02/23/sports-d-hiver-sports-de-riches-moins-d-un-francais-sur-dix-part-en-vacances-au-ski_5261604_4355770.html

-        Les sports d’hiver, une pratique de privilégiés 10 février 2020 

https://www.inegalites.fr/Les-sports-d-hiver-une-pratique-de-privilegies?id_theme=19

où l’on apprend que les données ne sont plus accessibles

[3] Pillot Julien,  Apocalypse snow : quand l’économie française du ski file tout schuss vers l’abîme The Conversation publié le 6 mars 2020

 

[5] Tourisme année Zéro, Le Monde Diplomatique, Juillet 2020 

https://www.monde-diplomatique.fr/2020/07/A/61993

[11] Vlès Vincent, (2021) Anticiper le changement climatique dans les stations de ski pyrénéennes : la science, le déni, l’autoriténuméro spécial de Sud-Ouest Européen [Stev Hagimont, Vincent Vlès, Jean-Michel Minovez (dir), « Sports d’hiver, territorialité et environnement ».

[14] FONDS DE PÉRÉQUATION INTERCOMMUNAL ET COMMUNAL 

http://medias.amf.asso.fr/docs/DOCUMENTS/AMF_13564_NOTE.pdf

[17]Etats Généraux de la Transition du tourisme en montagne  https://www.eg-transitionmontagne.org