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samedi 6 décembre 2014

Demain on rase gratis !!!

MAJ le 18 février 2018 (Illustrations)

Créé le 6 décembre 2014



Classiquement le milieu sportif a droit à des cadeaux, c'est un fondement du modèle français. 

Le sport est une activité considérée comme gratuite en France, supportée par la puissance publique et surtout les collectivités locales propriétaires de 90% des équipements sportifs et grands pourvoyeurs de subventions y compris pour le fonctionnement des associations sportives. 

Il existe certaines exceptions dont les coûts de pratiques se rapprochent du coût réel: le ski, les activités de fitness et musculation, le yatching, le golf, le tennis et l'équitation (lorsqu'elles ne sont pas organisées par le service public).

Cadeau de noël avant l'heure, après le cadeau fait à l'UEFA pour l'Euro 2016, tous les organisateurs de manifestations qui seront attribuées à la France avant la fin 2017 seront exonérés d'impôts...

Les contribuables seront-ils exonérés des coûts de fonctionnement post évènements d'équipements pharaoniques ?

"Assemblée: pas d'impôt sur les événements sportifs attribués à la France avant fin 2017."
 Les Echos, 04 décembre 2014

L'article initial ci-dessus n'ayant plus son lien actif, en voici un autre:

Le Revenu, le site conseil Bourse et Placements reprenant une info de l'AFP. 4 décembre 2014





Cadeau fiscal à l’UEFA : déclinaison d’un chantage à dimension planétaire
Blog Money Time, Le Monde, Jean-Pascal Gayant 05 novembre 2014.


Depuis des années, nous avons l'expérience de manifestations dispendieuses qui ne sont présentées comme rentables que par les lobbies des sociétés évènementielles ou du BTP mais qui ne gèrent jamais les équipements après, ou seulement avec des clauses officielles mais requlifiées comme illégales ensuite... 
Et 18 ans après il y a des "remises en conformité"… Voir les arbitrages concernant le Stade de France et le consortium qui a reçu plus de 110 millions d'euros depuis 1998…!!!!

"Stade de France : accord entre l'Etat et le consortium Vinci-Bouygues"
Le Monde.fr le 20 septembre2013


Pour les grandes manifestations,  "Les Jeux payerons les Jeux" Barnier-Killy discours pour les JO d'Albertville 92 dès la candidature.
Déficit à l'arrivée 240 millions de francs, prix de la piste de bobsleigh dont le dossier technique de faisabilité comportait de nombreuses lacunes, piste estimée à 70 millions de francs au départ...
(rappel 115 licenciés en bobsleigh français à l'époque…). 
Gestion aléatoire et largement subventionnée de 1992 à 2006 pour un équipement dédié principalement à la compétition et au haut niveau, avant que de nouveaux investissements n'interviennent et favorisent une approche plus touristique et commerciale. Aujourd'hui le déficit de fonctionnement a été ramené autour de 500 K € soit l'équivalent d'une piscine publique.

La Coupe du Monde 98: Bénéficiaire… 250 millions de francs.
Uniquement parce que tirant les conséquences des Jeux de 1992, la rénovation des stades et le coût de construction du Stade de France ont été placés artificiellement hors budget de l'organisation de la manifestation... sur un "petit" budget annexe.

Nous sommes toujours aujourd'hui incapable de proposer un business model de gestion de grands équipements sportifs sans argent public, ni pour la construction (Coûts directs d'investissements, PPP ou garanties des collectivités), ni pour la gestion (loyer des PPP, entretien par collectivités).

Combien de Délégations de Service Public avec des compensations plus ou moins légales pour gérer ces installations sans réel business plan prévisionnel crédible ? 

Ou alors il faut un investisseur exceptionnel comme au PSG ou à Monaco, ce qui présente certaines contraintes.

Les projets des stades de Décines (OL Land), de l'Aréna 92 (Racing Métro) ou celui de la Fédération Française de Rugby ne sont pas encore sortis de terre mais les garanties financières sont données par la puissance publique… et parfois avec participation directe de la Caisses des Dépôts et Consignations "légèrement" liée à l'Etat.
Bizarrement les banques ne sont pas aussi enthousiastes que les élus…

OL Land





Arena 92


Stade de la FFR






Stades des clubs pros : les collectivités propriétaires prises en otage ? 
Patrick Bayeux, 9 juillet 2014
http://patrick-bayeux.blogspot.fr/2014/07/2014-07-08-stades-des-clubs-pros-les.html


Et maintenant la course aux Jeux Olympiques recommence.

Le texte du Conseil Economique, Social et Environnemental Régional d'Ile de France propose une lecture simpliste des enjeux de la candidature de Paris pour les Jeux Olympiques de 2024.

L'article 7 est assez drôle.
Comment Paris, qui parait-il, est une destination touristique de premier plan d'après les chiffres et la communication institutionnelle (…), peut espérer faire plus ????

Document affligeant qui n'est que le début de la soupe tiède faisant appel aux bons sentiments et au sens commun des discussions d'apéro que l'on va nous servir pour "vendre" le projet de Paris 2024.



Alors, quels autres arguments vont être utilisés pour vendre un projet aussi coûteux ? 

De Sotchi à South Stream.

Olivier Villepreux, le Monde 03 décembre 2014

Les retombées économiques des grands évènements… fantasmes ou manipulations ? Ou simple prétexte à la construction de projets pharaoniques économiquement désastreux !!!
http://ericadamkiewicz.blogspot.fr/2014/11/les-retombees-economiques-des-grands_23.html



Alors Chiche !

Demandons les Jeux en proposant une vraie stratégie de gestion post-olympique des équipements dans une logique durable et sans argent public, ce qui n'a jamais été fait. 
Nos spécialistes de gestion, d'économie sont-ils incapables ou les modèles proposés sont inadaptés à la réalité ?

Mais pour cela, il faudrait revoir l'ensemble du fonctionnement du sport en France qui n'existe que sur le modèle de la gratuité… payé indirectement par l'impôt.
Alors même que certains sportifs même pas professionnels sont payés, que les entraineurs sont "indemnisés", que des bénévoles donnent de leur temps, les coûts de pratiques restent supportés principalement par les subventions communales.

Le modèle du service public du sport, à finalités sociales, humaniste, pour le bien de tous dans une logique de santé ne peut pas tenir lorsque les enjeux financiers font peser sur les finances publiques
des coûts faramineux qui n'ont, jusqu'à présent, jamais été remis en cause. 

Mais à trop financer des équipements pharaoniques dans une période de budget contraint c'est la fin du modèle sportif français à laquelle il faut se préparer.