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dimanche 14 décembre 2014

Tourisme de montagne et business model obsolète.


La remise en cause du modèle français de développement de la montagne n'existe toujours pas.
On raisonne "industrie du tourisme" en volumes où il faudrait penser artisanat et qualité. Le nombre écrase la relation client et la fidélisation est une notion encore abstraite vu le nombre de "skieurs" - qui reste l'indicateur principal du marché des "sports d'hiver".
Pourtant il faudrait bien passer du quantitatif au qualitatif et pas uniquement pour les domaines skiables qui ont été quasiment les seuls à faire de gros efforts de renouvellement depuis de nombreuses années. Si l'attente aux remontées mécaniques a largement diminué en 20 ans grâce à des investissements massifs, les prestations autour des activités de glisse n'ont pas suivi la même évolution. L'exigence client est aujourd'hui en décalage avec un grand nombre de prestations proposées et contribue à déclasser l'offre française, hébergement restauration… beaucoup trop de produits médiocres. Les excellents professionnels qui existent et qui font souvent le plein ne suffisent pas à valoriser l'offre globale des stations.
Peu à peu, avec la relative banalisation de l'activité ski, contrairement à ce que beaucoup d'acteurs de la montagne pensent, le coeur de l'activité touristique a basculé vers l'hébergement.

Le ski n'est aujourd'hui qu'un merveilleux prétexte. 

Dès lors, il va falloir repenser le modèle si l'on peut pérenniser l'activité en montagne. Faire le constat de l'évolution des lits froids ne résout pas des problèmes qui sont fondamentaux lorsqu'on a 50 % de lits froids et que même les périodes de vacances scolaires ne font plus le plein des 50% de lits commercialisés.

L'avenir des stations passe par la "chasse" aux lits froids.
Le dauphiné Libéré, Alfred Perrier, le 13 décembre 2014

La chasse aux lits froids n'est pas un objectif ponctuel. Il faut reconstruire le tourisme de montagne hivernal faute de quoi, le marché va sanctionner un modèle dépassé.

Il y a trop de lits de mauvaise qualité. Il faut moins de lits mais surtout un rapport qualité/prix qui soit pertinent. Le moyen gamme est souvent trop cher au regard des prestations proposées et surtout des attentes nouvelles des clients.

La question ne date pas d'aujourd'hui mais la dégradation de l'offre impose de renouveler le système. Pourtant nous avons des éléments objectivables qui nous ont alerté depuis longtemps.

Le positionnement de l'offre française des sports d'hiver, Note de Synthèse, février 2005. Etude réalisée par le cabinet Architecture et Territoire pour le compte de la direction du Tourisme.

Le modèle est arrivé au terme de sa croissance. Devenue mature, le tourisme de montagne doit se reconstruire en réinventant de nouveaux modèles économiques, faute de quoi il continuera de reproduire certaines erreurs du passé en trouvant des causes exogènes à ses propres maux.


Tourisme de montagne et vacances de printemps : un "business model" en péril ?
Blog Aménagement, Récréation, Tourisme & Sport 16 novembre 2014